"je vais me mettre en arrêt"
Non, "se mettre en arrêt" n'est pas un droit d'option. Mais en faire un slogan gouvernemental est une erreur de diagnostic. ❌
Emilie ADAM
5/27/20261 min read


Depuis quelques jours, cette phrase s'affiche en grand dans une campagne de communication de l'Assurance Maladie.
D'un côté, cette formulation est profondément injuste pour l'immense majorité des salariés qui s’arrêtent parce qu’ils sont malades. Elle jette le discrédit sur un droit fondamental et oublie qu'un médecin est le seul maître à bord pour prescrire. Un arrêt de travail reste une décision médicale motivée, pas un choix de vacances.
Mais de l’autre… soyons honnêtes deux minutes. Quel dirigeant de PME ou manager de terrain n’a jamais entendu cette phrase résonner dans son bureau comme un coup de pression ou une fin de non-recevoir lors d'un recadrage ?
La réalité n'est pas binaire.
Dire « je vais me mettre en arrêt » comme s’il s’agissait de poser un RTT, c’est le symptôme d'un dialogue social rompu dans l'entreprise. C’est la preuve que l'arrêt maladie est parfois détourné en outil de gestion des conflits.
En tant que juriste en droit du travail de formation initiale et DRH à temps partagé, je refuse les postures idéologiques. Mon quotidien demande une agilité absolue pour gérer le réel : 👉 Protéger la santé des salariés qui souffrent réellement (le surmenage existe). 👉 Accompagner les dirigeants face au désengagement et recadrer les dérives lorsque le cadre légal est franchi.
Plutôt que de pointer du doigt, nous devons réapprendre à piloter l'absentéisme en amont. Qualifier le besoin, décrypter les signaux d'alerte, agir avant la rupture.
